"Il y a plus de quinze ans, une phrase m'est venue, comme malgré moi, revenue plutôt, singulière, brève, presque muette. (...) La première fois (était-ce la première fois ?), ladite phrase vient s'imposer à moi avec l'autorité, si discrète et simple qu'elle fût, d'une sentence : il y a là cendre. Là s'écrivait avec un accent grave. Là, il y a cendre. Mais l'accent, s'il se lit à l'oeil, ne s'entend pas. (...) Cette tension risquée entre l'écriture et la parole, cette vibration entre la grammaire et la voix, c'est aussi l'un des thèmes du polylogue. Celui-ci était fait pour l'oeil ou pour une voix intérieure, une voix absolument basse. Mais par là même il donnait à lire, peut-être à analyser ce qu'une mise en voix pouvait appeler et à la fois menacer de perdre." (Jacques Derrida).
- Jacques DERRIDA Lecteur, Ecrivain
- Carole BOUQUET Lectrice
- Karl-Heinz STOCKHAUSEN Auteur de la musique
- 1 Feu la cendre