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À CORPS PERDU [ÉCOUTE-MOI]

Sélection du mois d'octobre 2005 > Gros plan sur...

Timoteo est chirurgien. Sa fille vient d'être admise à l'hôpital dans un état critique. Au fil des minutes d'attente interminables, il va se souvenir. Son enfant, sa vie, mais aussi des secrets qu'il lui est difficile de supporter.
Autour d'une idée qui peut paraître simple, voire simpliste, Castellitto arrive à bâtir un récit solide et bouleversant. Il choque et prend le spectateur aux tripes, exaltant un dégoût profond et pourtant inexplicable. Œuvre sulfureuse s'il en est, elle évite les pièges bien connus du voyeurisme ou de l'érotisme gratuit. É talant sans pudeur ses blessures au grand jour, elle met à mal cette part secrète d'une masculinité peu enviable.             
Et que dire des acteurs ? Détestable à l'envi, l'acteur-réalisateur Sergio Castellitto n'en reste pas moins saisissant tant son interprétation sonne juste. Pénélope Cruz, dans son rôle de souillon au cœur d'artichaut, réussit elle aussi à toucher la corde sensible chez le spectateur qui ne sortira pas indifférent de ce voyage.
Mélo poisseux et viscéral, fiction malade ou agonisante, Non ti muovere n'en reste pas moins une œuvre empreinte de ces vérités qui font mal. Et c'est de cette franchise coupable que ce film tire sa force. En prenant le parti d'affirmer clairement l'empathie de son « héros », Castellitto rend son film plus juste, plus cruel. Du cinéma brut et sauvage, sans nul doute bien nommé, qui hurlera son nom jusqu'aux dernières images…
(Michaël Avenia, Liège)

 

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